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3ème plan autisme enfin ! - AFG

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3ème plan autisme enfin !

jeudi 2 mai 2013 , par AFG Webmaster

La ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, présente (jeudi 2 mai 2013) le 3ème plan Autisme (2013-2017), préconisant notamment :

  • un dépistage dès 18 mois

et

  • une orientation vers les méthodes éducatives et non plus psychanalytiques.

"On sait que plus le dépistage est précoce, meilleure est la prise en charge. Donc à partir du premier trimestre 2015, profitant de la refonte du carnet de santé, nous y inclurons une grille de dépistage des premiers signes, dès l’âge de 18 mois", explique Mme Carlotti qui présente officiellement le plan.

Le taux de prévalence retenu est identique à celui qu’AFG utilise. Un nouveau-né sur 150 est en effet concerné par ce trouble, donc ce Trouble du Spectre Autistique (TSA) est bien plus fréquent et bien plus grave que le grand public ne le croie, restant souvent sur des images de génies alors que les difficultés de communications de ces personnes rend la vie quotidienne compliquée et conduit vers l’isolement sans intervention précoce et intensive.

L’idéologie va dans le bon sens : arrêter de financer de nouveaux projets avec des approches psychanalytiques et promouvoir les approches éducatives. Enfin ! On aurait pu aller plus loin, même si politiquement c’est difficile, en arrêtant de financer les structures psychanalytiques (approches non validées scientifiquement et non approuvées par la HAS et l’ANESM). Ces financements qui sont importants pourraient être redéployés à moyen terme.

Ces 2 points (dépistage précoce et bonnes approches) sont fondamentaux pour consacrer les ressources déjà rares pour uniquement des investissements éducatifs efficients pour les personnes autistes. Ce troisième plan se fonde (et donc confirme politiquement et pour la seconde fois) les recommandations de l’agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM) et de la Haute Autorité de santé (HAS), publiées en mars 2012, qui préconisent une prise en charge fondée prioritairement "sur une approche éducative, comportementale et développementale". Ces recommandations ne recommandaient pas l’approche psychanalytique. Ce plan associe enfin à ces modalités d’intervention les familles d’enfants autistes, les faisant passer du statut de spectateurs (en particulier dans les services psychiatriques, mais pas uniquement, contrairement aux mouvements parentaux) à celui d’acteurs (le parent étant le premier éducateur de l’enfant, puis de l’adulte car l’enseignement et les apprentissages doivent perdurer tout au long de la vie).

Mais nous partons de si loin : 10% de réponses adaptées pour les enfants autistes et seulement 3% de réponses adaptées pour les adultes autistes.

Ce 3ème plan Autisme qui suit la condamnation de la France en 2004 par le Conseil de l’Europe pour manque d’éducation des personnes autistes (action collective d’Autisme Europe menée par Maître Evelyne Friedel, également parent et bénévole engégée) serait doté de 205 millions d’euros.

La ministre annonce la création de 350 places dites "de répit", permettant des placements de courte durée. "Aujourd’hui, il existe 40 places de répit pour les familles. Ce sont des structures qui accueillent, pour une courte durée, leur enfant autiste, afin que les parents puissent souffler un peu. Nous en créons 350 en plus", dit-elle.

Mme Carlotti annonce également :

  • 700 places pour les petits en unité d’enseignement en maternelle,
  • la formation de 5.000 professionnels du secteur médico-social aux méthodes éducatives et
  • 1.500 places d’accueil en plus pour les adultes autistes.

Le plan prévoit par ailleurs une plus grande intégration des familles, via des comités d’usagers et la nomination d’un "référent autisme" au sein du comité interministériel du handicap

Quelques extraits de l’interview de Marie Arlette Carlotti avant l’annonce officielle ce jeudi sur RMC avec Jean-Jacques Bourdin :

7h49 - Marie-Arlette Carlotti : « Nous allons créer des places spécifiques pour l’autisme. Nous allons créer 1 500 places supplémentaires pour les adultes. Il est inconcevable que les familles doivent aller en Belgique pour qu’on s’occupe des adultes. Tous les établissements existants auront des postes s’ils s’ouvrent aux méthodes modernes de traitement de l’autisme. Au moins, la société ouvre les yeux ».

7h46 - Marie-Arlette Carlotti : « Si vous êtes parent d’un enfant autiste, pour l’instant, vous galérez. Les médecins généralistes seront formés. C’est un engagement de Vincent Peillon, nous allons aussi former les enseignants, pour qu’ils puissent faire du repérage. Nous allons changer les carnets de santé, et ajouter des critères pour détecter les handicaps, et particulièrement l’autisme. Et il y aura les centres régionaux de l’autisme où les parents trouveront un véritable socle ».

7h46 - Marie-Arlette Carlotti : « Le plan comprend le repérage précoce, c’est nouveau. On peut repérer l’autisme dès 12 à 18 mois en mettant en place un réseau sur le terrain, que nous allons renforcer, avec un réseau par département ».

7h45 - Marie-Arlette Carlotti : « Il y aura 1 273 créations de postes, en soutien. Plutôt des emplois médico sociaux, d’accompagnement. L’autisme n’est pas une maladie, c’est un handicap ».

7h44 - Marie-Arlette Carlotti : « Nous allons former les professionnels qui ne sont pas formés aux méthodes adaptées à l’autisme. Ils le seront dès 2014 ».

7h42 - Marie-Arlette Carlotti : « Ce n’est pas rien, un plan de 205 millions d’euros, c’est 18 millions de plus que le plan précédent. Les demandes sont importantes »

Retrouvez la synthèse du plan Autisme et sa version intégrale sur ce lien.