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Ces autistes qui trouvent refuge en Belgique

dimanche 11 décembre 2011 , par AFG Webmaster

Faute de places en France, de nombreuses personnes déficientes intellectuelles sont prises en charge dans des établissements spécialisés en Belgique. Eponine a ainsi quitté Beauvais pour vivre à la Pommeraie, un foyer belge, avec Herbert, un autre Oisien arrivé en 2009.

Ils poussent comme des champignons à la lisière belge. Les foyers d’hébergement pour polyhandicapés et autistes fourmillent le long de la frontière et accueillent de nombreux Français dont beaucoup de l’Oise. Faute de places dans l’Hexagone, ce sont près de 5 000 personnes déficientes* françaises qui sont prises en charge en Belgique, aux frais des conseils généraux et de l’assurance maladie.

Une solution économique pour la France ?

« Faux, tranche Charles Ghesquière, président de l’association Apim HF**, cela engendre des pertes d’emplois, nous sommes largement perdants. » Si ce dernier admet que la procédure de construction d’un centre est « plus longue et plus exigeante en France qu’en Belgique », il dénonce « un manque de volonté politique et de soutien aux associations promotrices d’établissements ».

Les handicapés peuvent rester trente ans dans le même centre

En France, la classification des établissements est très fragmentée selon les degrés du handicap : maisons d’accueil spécialisées (MAS, handicap lourd), foyers de vie ou foyers d’accueil spécialisés. L’âge est également un critère, ce qui conduit les résidants à changer fréquemment de lieu de vie. Une segmentation avec laquelle ne s’embarrasse pas la Belgique : un même établissement peut réunir des résidants de tous statuts (MAS, foyer de vie...). Un point rassurant et stabilisant pour les familles, selon Charles Ghesquière : « C’est une sécurité de savoir que leurs proches les plus gravement handicapés vont rester vingt ans, trente ans dans un même centre. »

Le système belge reste toutefois à deux vitesses : les établissements médico-sociaux agréés et contrôlés par l’Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapés (Awiph) font face à la concurrence des foyers privés (sous forme d’association ou de société commerciale). Point sensible pour ces derniers, « Ils sont sujets à des normes minimales et rarement contrôlés », indique Charles Ghesquière.

Conscient des problèmes rencontrés par les personnes handicapées et leurs familles, le conseil général de l’Oise a annoncé que sa priorité pour l’année prochaine serait de faire revenir 50 % des Oisiens aujourd’hui accueillis en Belgique, entre 2012 et 2017. Il prévoit de développer les services dédiés et de créer de nouvelles places d’accueil dans des foyers spécialisés.

* Selon l’Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis).

** Aide aux personnes inadaptées mentales hors de France.

CHIFFRES CLES :

5 000 déficients intellectuels français sont en Belgique.
1 500 enfants et 3 500 adultes déficients, dont des autistes et polyhandicapés, sont hébergés en Belgique à l’heure actuelle. En 1985, ils étaient près de 1 500.

500 ouvertures de places en foyers belges ont été recensées ces cinq dernières années.

3 000 emplois en Belgique sont générés par l’accueil de handicapés mentaux. De 140 à 180 €. C’est le prix de la journée pour une personne, supporté par les conseils généraux et l’assurance maladie française, d’un foyer de vie ou foyer d’accueil spécialisé belge.

POUR L’OISE :

269 personnes sont hébergées en Belgique, 1169 dans l’Oise.

coût : 13,6 M€. C’est le coût des Oisiens hébergés en Belgique pour le conseil général, sur un budget total de 67 M€ pour l’ensemble des personnes handicapées.

EN FRANCE :

480 maisons d’accueil spécialisées, pour 19 823 places.

511 foyers d’accueil médicalisé, pour 14 111 places.

1 395 foyers de vie, pour 38 711 places.

Soit un total de 2 386 établissements médico-sociaux pour adultes handicapés et 72 645 places.

Source : Unapei (Union nationale des amis et parents d’enfants inadaptés).

Le Parisien

Pour les personnes autistes, en France :

elles ont 10 % de réponses adaptées pour les enfants et moins de 3 % pour les adultes. Bien sûr, ces places en Belgique échapent au contrôle de l’administration française en termes de qualité de prise en charge.

Ces emplois créés en Belgique injectent des sommes importantes dans l’économie Belge, alors que la France paye à fonds perdus et elle n’a aucun retour économique, tant en emploi direct, qu’en emplois induits, en taxes, impôts, ...

AFG